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mardi 20 juillet 2010

La comédie a t'elle pour fonction de stigmatiser les abus, l’arbitraire du pouvoir, les injustices, l’intolérance et la censure.

Pensez-vous que la poésie doive être des actes sur la terre, un cri vers l’horizon et que le poète doive s’engager dans son temps et mener les hommes au combat?

« Qu’est-ce que le tragique sinon le sentiment d’une résistance obscure et insensée contre laquelle se brise la force de la liberté et de raison qui est en l’homme? » écrit Pierre Henri Simon dans « l’homme en procès ». Après avoir expliqué cette définition du tragique à l’aide de vos connaissances, vous direz en quoi le dialogue du théâtre est particulièrement propre à mettre en œuvre l’essence du tragique.

 

En quoi le dialogue théâtral est il propre à mettre en oeuvre l'essence du tragique? Citation H. Simon

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Le corrigé est intégralement corrigé, il fait 3 pages word, police 14 et comprend une introduction, un développement en deux parties avec plusieurs arguments, des transitions, une conclusion avec ouverture.

Lecture de la fable :

Iris, je vous louerais: il n'est que trop aisé;

Mais vous avez cent fois notre encens refusé,

En cela peu semblable au reste des mortelles,

Qui veulent tous les jours des louanges nouvelles.

Pas une ne s'endort à ce bruit si flatteur.

Je ne les blame point; je souffre cette humeur:

Elle est commune aux dieux, aux monarques aux belles.

Ce breuvage vanté par le peuple rimeur,

Le nectar que l'on sert au maître du tonnerre,

Et dont nous enivrons tous les dieux de la terre,

C'est la louange, Iris. Vous ne la goûtez point;

D'autres propos chez vous récompensent ce point:

Propos, agréables commerces,

Où le hasard fournit cent matières diverses,

Jusque là qu'en votre entretien

La bagatelle a part: le monde n'en croit rien.

Laissons le monde et sa croyance.

La bagatelle, la science,

Les chimères, le rien, tout est bon; je soutiens

Qu'il faut de tout aux entretiens:

C'est un parterre où Flore épand ses biens;

Sur différentes fleurs l'abeille s'y repose,

Et fait du miel de toute chose.

Ce fondement posé, ne trouvez pas mauvais

Qu'en ces fables aussi j'entremêle des traits

De certaine philosophie, Subtile, engageante et hardie.

On l'appelle nouvelle: en avez-vous ou non

Ouï parler? Ils disent donc

Que la bête est une machine;

Qu'en elle tout se fait sans choix et par ressorts:

Nul sentiment, point d'âme; en elle tout est corps.

Telle est la montre qui chemine

A pas toujours égaux, aveugle et sans dessein.

Ouvez-la, lisez dans son sein:

Mainte roue y tient lieu de tout l'esprit du monde;

La première y meut la seconde;

Une troisième suit: elle sonne à la fin.

Au dire de ces gens, la bête est toute telle:

" L'objet la frappe en un endroit;

Ce lieu frappé s'en va tout droit,

Selon nous, au voisin en porter la nouvelle.

Le sens de proche en proche aussitôt la reçoit.

L'impression se fait." Mais comment se fait-elle?

Selon eux, par nécessité,

Sans passion, sans volonté:

L'animal se sent agité

De mouvements que le vulgaire appelle

Tristesse, joie, amour, plaisir, douleur cruelle,

Ou quelque autre de ces états.

Mais ce n'est point cela: ne vous y trompez pas.

Qu'est-ce donc? Une montre. Et nous? C'est autre chose.

Voici de la façon que Descartes l'expose;

Descartes, ce mortel dont on eût fait un dieu

Chez les païens, et qui tient le milieu

Entre l'homme et l'esprit; comme entre l'huître et l'homme

Le tient tel de nos gens, franche bête de somme;

Voici, dis-je, comment raisonne cet auteur:

Sur tous les animaux, enfants du Créateur,

J'ai le don de penser; et je sais que je pense.

Or, vous savez, Iris, de certaine science,

Que, quand la bête penserait,

La bête ne réfléchirait,

Sur l'objet ni sur sa pensée.

Descartes va plus loin, et soutient nettement

Qu'elle ne pense nullement.

Vous n'êtes point embarrassée

De le croire; ni moi.

Cependant, quand aux bois

Le bruit des cors, celui des voix,

N'a donné nul relâche à la fuyante proie,

Qu'en vain elle a mis ses efforts

A confondre et brouiller la voie,

L'animal chargé d'ans, vieux cerf, et de dix cors,

En suppose un plus jeune, et l'oblige, par force,

A présenter aux chiens une nouvelle amorce.

Que de raisonnements pour conserver ses jours!

Le retour sur ses pas, les malices, les tours,

Et le change, et cent stratagèmes

Dignes des plus grands chefs, dignes d'un meilleur sort.

On le déchire après sa mort:

Ce sont tous ses honneurs suprêmes.

Quand la perdrix

Voit ses petits

En danger, et n'ayant qu'une plume nouvelle

Qui ne peut fuir encor par les airs le trépas

Elle fait la blessée, et va traînant de l'aile,

Attirant le chasseur et le chien sur ses pas,

Détourne le danger, sauve ainsi sa famille;

Et puis, quand le chasseur croit que son chien la pille,

Elle lui dit adieu, prend sa volée, et rit

De l'homme qui, confus, des yeux en vain la suit.

Non loin du Nord, il est un monde

Où l'on sait que les habitants

Vivent, ainsi qu'aux premiers temps,

Dans une ignorance profonde:

Je parle des humains, car, quant aux animaux,

Ils y construisent des travaux

Qui des torrents grossis arretent le ravage,

Et font communiquer l'une et l'autre rivage.

L'édifice résiste, et dure en son entier:

Après un lit de bois est un lit de mortier.

Chaque castor agit: commune en est la tâche;

Le vieux y fait marcher le jeune sans relâche;

Maint maître d'oeuvre y court, et tient haut le bâton.

La république de Platon

Ne serait rien que l'apprentie

De cette famille amphibie.

Ils savent en hiver élever leurs maisons,

Passent les étangs sur des ponts,

Fruit de leur art, savant ouvrage;

Et nos pareils ont beaau le voir,

Jusqu'à présent tout leur savoir

Est de passer l'onde à la nage.

Que ces castors ne soient qu'un corps vide d'esprit,

Jamais on ne pourra m'obliger à le croire:

Mais voici beaucoup plus; écoutez ce récit,

Que je tiens d'un roi plein de gloire.

Le défenseur du Nord vous sera mon garant:

Je vais citer un prince aimé de la Victoire;

Son nom seul est un mur à l'empire otoman.

C'est le roi polonais. jamais un roi ne ment.

Il dit donc que, sur sa frontière,

Des animaux entre eux ont guerre de tout temps:

Le sang qui se transmet des pères aux enfants

En renouvelle la matière.

Ces animaux, dit-il, sont germains du renard.

Jamais la guerre avec tant d'art

Ne s'est faite parmi les hommes,

Non pas même au siècle où nous sommes.

Corps de garde avancé, vedettes, espions,

Embuscades, partis, et mille inventions

D'une pernicieuse et maudite science,

Fille du Styx, et mère des héros,

Exercent de ces animaux

Le bon sens et l'expérience.

Pour chanter leurs combats, l'Achéron nous devrait

Rendre Homère. Ah! s'il le rendait,

Et qu'il rendît aussi le rival d'Epicure,

Que dirait ce dernier sur ces exemples-ci?

Ce que j'ai déjà dit: qu'aux bêtes la nature

Peut par les seuls ressorts opérer tout ceci;

Que la mémoire est corporelle;

Et que, pour en venir aux exemples divers,

Que j'ai mis en jour dans ces vers,

L'animal n'a besoin que d'elle.

L'objet, lorsqu'il revient, va dans son magasin

Chercher, par le même chemin,

L'image auparavant tracée,

Qui sur les mêmes pas revient pareillement,

Sans le secours de la pensée,

Causer un même événement.

Nous agissons tout autrement:

La volonté nous détermine,

Non l'objet, ni l'instinct. Je parle, je chemine:

Je sens en moi certain agent,

Tout obéit dans ma machine

A ce principe intelligent.

Il est distinct du corps, se conçoit nettement,

Se conçoit mieux que le corps même.

De tous nos mouvements c'est l'arbitre suprême;

Mais comment le corps l'entend-il?

C'est là le point. Je vois l'outil

Obéir à la main: mais la main, qui la guide?

Eh! qui guide les cieux et leur course rapide!

Quelque ange est attaché peut-être à ces grands corps.

Un esprit vit en nous, et meut tous nos ressorts;

L'impression se fait: le moyen, je l'ignore;

On ne l'apprend qu'au sein de la Divinité;

Et, s'il faut en parler avec sincérité,

Descartes l'ignorait encore.

Nous et lui là-dessus nous sommes tous égaux:

Ce que je sais, Iris, c'est qu'en ces animaux

Dont je viens de citer l'exemple,

Cet esprit n'agit pas; l'homme seul est son temple.

Aussi faut-il donner à l'animal un point,

Que la plante, après tout, n'a point:

Cependant la plante respire.

Mais que répondra-t-on à ce que je vais dire?

Extrait :

. Il y a trois interlocuteurs, les cartésiens, Iris (dans la mythologie grecque, c’était la messagère ailée des Dieux, l’arc-en-ciel était son écharpe) et La Fontaine. Iris est la porte parole des cartésiens. Nous étudierons dans un premier temps, la théorie de Descartes puis, en second lieu, la philosophie de La Fontaine...

Plan de l'étude

Introduction

I – L’exposé de la théorie de Descartes

1 – Théorie de l’animal machine

2 - Le mécanisme de la sensation

Transition

II - théorie de la Fontaine

1 - La réfutation de Descartes par l'exemple

2 - Les convictions de La Fontaine

Conclusion

Ouverture
 
 
 
 






lundi 19 juillet 2010

La controverse de Valladolid, chapitre 15, Jean Claude Carrière

La controverse de Valladolid, chapitre 15, Jean Claude Carrière

Le corrigé est intégralement corrigé, il fait deux pages word, police 12, il comprend, une introduction, un développement en deux parties avec plusieurs arguments, des transitions une conclusion avec une ouverture.

Lecture du texte :



Chapitre 15

La nuit a fait oublier l'orage. Voici à nouveau le soleil d'été, dès le matin.

L'ensemble des participants se lève à l'entrée du cardinal, qui regagne pour la dernière fois son estrade en prenant soin de ne pas trébucher - mais la marche a été très soigneusement réparée, ce qu'il ne sait pas.

Coup de claquoir: tous s'asseyent, même les Indiens, pour qui un banc a été mis en place.

Le comte Pittaluga, assez renfrogné, est toujours présent. Sans doute a-t-il décommandé la chasse.

Le cardinal, quand tout est calme, se relève soudainement. Coup de claquoir : les présents se relèvent. C'est debout qu'ils vont écouter la déclaration officielle, avec un effort de solennité.

Il commence par ces mots, sans même, ce matin, prendre le temps d'une prière :

- Mes chers frères, ma décision est prise. Comme je l'ai dit, je ne doute pas qu'elle sera confirmée par Sa Sainteté et par l'Église tout entière.

Les plumes des deux assesseurs ont repris la course sur le papier. Le cardinal hausse la voix pour dire ce que tous attendent :

- Les habitants des terres nouvelles, qu'on appelle les Indes, sont bien nés d'Adam et d'Ève, comme nous. Ils jouissent comme nous d'un esprit et d'une âme immortelle et ils ont été rachetés par le sang du Christ. Ils sont par conséquent notre prochain.

Un sentiment de joie paraît sur le visage de Las Casas. Il a été entendu. Il regarde Ladrada, son vieux compagnon, qui semble pour sa part au bord des larmes. Il regarde aussi les Indiens, à qui le franciscain tente de traduire à voix basse.

Le légat dit encore, sans se précipiter, pour que chaque mot soit lourd et clair :

- Ils doivent être traités avec la plus grande humanité et justice, car ils sont des hommes véritables. Cette décision, conforme à la tradition charitable de la tradition catholique, sera proclamée dans toutes les églises de l'Ancien et du Nouveau Monde.

Il ajoute, comme une simple formalité, que le Democrates alter du professeur Sépulvéda, qui fut le prétexte de la controverse, ne reçoit pas l'imprimatur. Il ne sera pas publié sur les territoires espagnols. Après quoi il se tait et regarde l'assistance avant de déclarer la dispute achevée.

Sépulvéda lève la main et se permet alors une dernière intervention :

- Éminence, pardonnez-moi, je respecte naturellement votre choix, mais avez-vous réellement examiné l'extrême importance de ces paroles ?

- Me soupçonnez-vous de légèreté ? dit le cardinal, qui semble étonné.

- Non, à coup sûr. Mais vous devez savoir, comme on l'a expliqué ici, que vous condamnez à la ruine tous les établissements espagnols.

- Qu'appelez-vous la ruine ?

- L'impossibilité de…de cultiver, de vivre décemment, répond le philosophe.

- N'avez-vous pas dit vous-même que le salut de l'âme prévalait sur tout autre but ?

- Certes, je l'ai dit.

- Voudriez-vous que ces hommes, demande le légat en montrant les colons, gagnent leur vie et perdent leur âme ? A quoi leur servirait la richesse ici-bas, si de l'autre côté ils devaient la payer dans les flammes qui ne s'éteignent pas ?

Sépulvéda ne trouve rien à dire. Ce piège où il est pris, il l'a tendu lui-même. Le cardinal l'interroge encore :

- Professeur, avez-vous encore quelque leçon à me délivrer ? Est-ce que je vous donne un instant, par exemple, l'impression de ne pas avoir réfléchi ?

- Certes non, Éminence.

- Croyez-vous que je n'ai pas mesuré ma charge, que je n'ai pas prié, pendant des nuits entières ? Croyez-vous que je ne me rende compte de tout ce que j'engage, qui ne sera plus jamais comme avant ? Croyez-vous un instant que Dieu aurait pu m'abandonner au moment de choisir parmi ses créatures ?

- C'était une simple remarque, dit Sépulvéda. je me la suis permise car je note autour de moi, comme vous sans doute, un embarras certain.

Sur ce point, le cardinal ne peut le contredire. Cet embarras, il le sent lui aussi, comme si la décision prise - finalement peu surprenante - laissait une insatisfaction. D'ailleurs, le ton quelque peu irrité sur lequel il vient de répondre à Sépulvéda montre que le prélat n'a pas l'âme sereine, parfaitement calmée, comme elle devrait être.

Tout à coup, la voix du supérieur, qui parlait avec les deux cavaliers, s'élève :

- Éminence !

Quittant les deux hommes, traversant une salle qui donne des signes de nervosité et où certains même discutent vivement, le supérieur s'approche du cardinal et lui parle à voix basse. Une idée vient d'apparaître, lui dit-il, envoyée par Dieu, au dernier moment. Elle pourrait tout arranger, tout apaiser, être acceptée par tous ceux qui sont là.

Le supérieur se rapproche encore et parle à voix basse à l'oreille du légat, qui l'écoute attentivement. Dans la salle, debout, tous le regardent. Un assez long moment.

Las Casas, qui avait commencé le rangement de ses papiers, s'arrête.

Quand le supérieur a fini, le cardinal réfléchit un instant, puis il hoche la tête et agite sa sonnette.

Tous se préparent à l'écouter.

Il réfléchit encore un instant dans le silence - choisissant avec soin ses mots -, puis il déclare :

- Si rien ne peut être enlevé à ce que je viens de dire, on commettrait cependant une grande erreur en pensant que l'Église ne tient aucun compte des intérêts légitimes de ses membres.

Las Casas dresse l'oreille. Il est soudainement inquiet.

- Nous sommes en effet très sensibles, poursuit le prélat, au coup porté à la colonisation. Nous comprenons bien tout le dommage qui peut s'ensuivre. Mais il existe peut-être une solution, que je viens de me rappeler.

Il cherche quelque peu ses mots, avant de continuer ainsi :

- S'il est clair que les Indiens sont nos frères en Jésus-Christ, doués d'une âme raisonnable comme nous, et capables de civilisation, en revanche il est bien vrai que les habitants des contrées africaines sont beaucoup plus proches de l'animal. Ces habitants sont noirs, très frustres, ils ignorent toute forme d'art et d'écriture, ils n'ont construit que quelques huttes… Aristote dirait que, comme le veut la nature de l'esclave, ils sont des êtres totalement privés de la partie délibérative de l'esprit, autrement dit de l'intelligence véritable. En effet, toute leur activité est physique, c'est certain, et depuis l'époque de Rome ils ont été soumis et domestiqués.

Ces considérations ne soulèvent dans la salle aucun étonnement marqué. Le légat ne fait qu'énoncer là quelques lieux communs, que tous sont prêts à accepter même si Las Casas et Ladrada montrent une inquiétude grandissante.

Le cardinal demande aux deux colons :

- Des Africains ont déjà fait la traversée ?

- Oui, Éminence, répond Ramon. Depuis les premiers temps de la conquête.

Certains - mais sans le formuler - peuvent être surpris de l'ignorance du légat. Peut-être, à Rome, n'en parle-t-on que rarement ? Ici, dans la péninsule, on sait bien qu'à plusieurs reprises, déjà, le roi d'Espagne a permis le transfert de milliers d'esclaves d'Afrique; quatre mille dès 1518, cinq autres milliers par la suite, et cela sans parler des transports clandestins. Le supérieur du couvent, à voix basse, rappelle tous ces faits au prélat, ou fait semblant de les lui rappeler. Quel jeu se joue ? On ne sait pas au juste. Le prélat s'enquiert :

- Ils s'adaptent vite au climat, j'imagine ?

- Ils sont même assez résistants, répond Ramon.

- Qui les expédie ?

- Au début, les Portugais surtout. Ils les capturent, les transportent, puis ils les revendent. Très cher d'ailleurs. Des Espagnols aussi s'y sont mis. Des Anglais...

- Ils acceptent leur condition ? Ils ne se révoltent pas ?

Personne ne se hasarde à répondre avec précision. Quelques moues, quelques haussements d'épaules légers. Incertitude, ou bien choix de se taire.

- Je ne peux évidemment que le suggérer, dit le cardinal, mais pourquoi ne pas les ramasser vous-mêmes, en nombre suffisant ? Vous auriez ainsi une main-d'œuvre assurément robuste, docile et encore moins dispendieuse. La mortalité des Indiens s'en verrait ainsi compensée. je suppose qu'en Afrique ça se trouve facilement ?

Leurs rois eux-mêmes les vendent, affirme alors le cavalier.

Le court silence qui suit est cette fois rompu par Sépulvéda :

- L'esclavage est une institution ancienne et salutaire, qui répond aux classifications de la nature et qui permet la préservation de la vie. Cela s'est maintes fois remarqué dans l'histoire. Les esclaves sont un réservoir de vie. Leur immense apport, constamment renouvelé, permet la sauvegarde de l'espèce humaine de catégorie supérieure, la seule qui compte aux yeux du Créateur. . Tous - sauf Las Casas et Ladrada - approuvent de la tête. Le phénomène naturel que vient d'évoquer le philosophe est bien connu. Il est ici indiscutable. Sauvons les meilleurs.

Sépulvéda demande alors :

- L'Église ne s'opposerait pas à ce type d'expéditions ?

- Pourquoi s'y opposerait-elle ? demande le prélat.

Il ajoute en se retournant vers le comte Pittaluga :

- Est-ce que la Couronne s'y oppose ? Bien au contraire. Quelle raison pourrait avoir l'Église ?

Sépulvéda n'a rien à répondre. Las Casas, à ce moment-là, intervient :

- Éminence, le roi jusqu'à maintenant n'a accordé que des autorisations particulières, non sans réticence et regret, pour subvenir au manque de bras. Si l'Église autorise officiellement cette opération, cela risque très rapidement de devenir un grand commerce. L'appétit de l'argent peut conduire à tous les abus.

- Et à des guerres, ajoute Sépulvéda lui-même. A des révolutions.

Même le philosophe paraît désemparé. Son inquiétude est évidente devant une idée imprévue. Une large dimension des événements lui échappe. Sur le moment, tout ce qu'il peut y entrevoir est sombre, hérissé de dangers, très vague.

Le légat s'adresse à Las Casas :

- A vous entendre, rien ne peut être pire que ce qui déjà se pratique. Vous-même, il me semble, vous avez eu un esclave noir ?

- Pendant peu de temps, Éminence, répond Las Casas. Et jamais je ne l'ai tenu pour un esclave.

- Vous étiez satisfait de son service ?

- Éminence...

Las Casas ne peut pas répondre. Il est pris d'embarras. La faute de sa vie - de laquelle personne, jusqu'à maintenant, n'a voulu parler - vient en un instant d'apparaître, produite par le légat lui-même. La situation, qu'il croyait gagnée, se retourne subitement en sa défaveur. Il se sent perdu, vacillant.

Et le cardinal insiste :

- N'avez-vous pas déclaré vous-même, si je me souviens bien, que c'était une très bonne solution ? Et que vous la recommandiez ? L'idée, même, ne venait-elle pas de vous, pour protéger vos chers frères indiens ?

L'attitude du dominicain paraît proche, à présent, de celle d'un coupable pressé jusqu'aux aveux.

- Je l'ai dit, oui, dans ma jeunesse. Et pour épargner les Indiens, oui, c'est vrai. Quel démon m'agita ce jour-là ? Je ne sais pas. Éminence, j'ai vite changé, comme nous changeons tous. J'ai passé la suite de ma vie à regretter ces mots, à me les reprocher, à me repentir. je n'en suis même confessé. J'ai cru, et je crois, que le paradis me sera peut-être fermé à cause de ces mots-là. Aujourd'hui encore j'ai honte de mes paroles et j'affirme au contraire...

- C'est bien, c'est bien, dit le cardinal, qui paraît soudain pressé, décidé à ne plus rien entendre.

Mais le dominicain veut achever :

- J'affirme que les Africains sont des hommes comme les autres ! Nous nous sommes trompés sur eux, depuis des siècles ! Ils sont des fils d'Adam ! Le Christ est mort tout aussi bien pour eux ! Ce serait une erreur grave, un péché mortel de..

Le cardinal saisit la sonnette et l'agite.

- Non, non ! Allons, c'est bien ! Frère Bartolomé, nous n'allons pas recommencer ! Nous ne sommes pas ici pour ça ! Allons !

Le cardinal se lève en disant ces mots, montrant bien que la controverse est terminée. Las Casas veut s'avancer, parler encore. Ladrada le retient par le bras. Le thème proposé à la controverse a été longuement traité. Une conclusion claire est apparue, le devoir de cette assemblée est accompli. Toute insistance, toute autre protestation serait inutile; peut-être même dangereuse.

Le cardinal se tourne vers l'un de ses assesseurs :

- Nous rajouterons un codicille. Préparez-moi une rédaction.

L'assesseur hoche la tête. Il a compris. Il est assez facile d'imaginer que la rédaction du codicille sera prudente. Quant aux raisons profondes du cardinal, personne n'ose ici les explorer, ni même les imaginer.

Il s'adresse à toute l'assistance :

- Au nom de Sa Sainteté, je vous remercie pour votre aide. Rendons grâce à Dieu d'avoir été parmi nous jusqu'au dernier moment.

Il lève son bras pour bénir.

- In nomine patris, et filii et spiritus sancti.

Tous se signent, et la tension s'évanouit.

Dernier coup de claquoir. Le cardinal descend de l'estrade, accompagné de ses assesseurs, et traverse la salle. Tous s'inclinent sur son passage. Il salue à droite et à gauche, de petits mouvements de tête. Il est vaguement souriant. Son rôle obscur vient de se terminer.

Quand il est sorti, les autres se forment en petits groupes qui commencent à bavarder, en se dirigeant vers la porte ouverte. On fait sortir les Indiens. Le franciscain leur dit quelques mots en nahuatl. Que vont-ils devenir ? Personne ne le sait.

Sépulvéda achève de ranger ses documents. Il incline sa tête en direction de Las Casas, saluant ainsi son adversaire victorieux. Mais le dominicain ne semble guère fier de sa victoire. Lui aussi, aidé par le vieux Ladrada, il range ses livres et ses papiers, qu'il laisse sur la table. Assez désemparé - aurait-il dû protester plus fort et plus longtemps ? - il se dirige à son tour vers la porte.

Il rencontre au passage le comte Pittaluga, qui lui cède le pas.

La grande salle se vide assez rapidement.

Bientôt, il ne reste que le jeune moine qui tient le claquoir, près de la porte. Il attend que tout le monde se soit retiré.

Quand il est seul, il va pour sortir lui aussi lorsqu'il entend un bruit. Il s'arrête sur le seuil et regarde.

L'ouvrier africain vient de rentrer dans la salle par une autre porte. Il tient un balai à la main. Les épaules courbées, le regard vers le sol, il s'approche du centre de la pièce et commence à balayer les débris du serpent à plumes.

On entend le bruit du balai. Une cloche se met à sonner, quelque part dans le monastère.

Personne n'a suivi la controverse avec plus d'attention que le jeune moine. Tout ce qui s'est dit l'a étonné, l'a effrayé, l'a souvent troublé. Et pour finir il reste là, sur le pas de la grande porte, le claquoir à la main. Il regarde l'Africain silencieux, qui balaie lentement les débris de l'idole.

Problématique :

comment à partir de la narration d'évènements, Jean Claude Carrière propose t'il un enseignement?

Extrait

Nous allons étudier un extrait de la controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière tiré du chapitre 15. Né en 1931, il est l’auteur de Lézard son premier roman. Nous avons étudié au chapitre 7 le dialogue argumentatif entre Sépulveda, un philosophe et Las Casas, un prêtre du nouveau monde où tous deux s’engagent dans un débat sur les indiens qui trouve sa source dans l’histoire. On s’interrogeait en effet au 16ème siècle sur la question de savoir si les indiens avaient une âme....

Plan proposé du chapitre

Introduction

I - La décision du légat :

la philosophie humaniste permet aux moeurs de progresser

Détails de la décision rendue par le cardinal

Transition

II - Les conséquences économiques de la décision annoncée par le légat :

L'ethnocentrisme

Conclusion

ouverture

 

Jean Claude Carrière, la controverse de Valladolid, ch. 15, étude bac

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L'ethnocentrisme
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La controverse de Valladolid, Jean Claude Carrière, chapitre 7

La controverse de Valladolid, Jean Claude Carrière, chapitre 7


Présentation

Le pape a envoyé un de ses cardinaux pour trancher le débat qui oppose Sépulvéda à Las Casas. Le dominicain soutient que les Indiens sont des Hommes comme les Européens. Sépulvéda au contraire affirme que les Indiens sont nés pour être esclaves. L'étude de ce passage en trois axes est pertinente. Nous étudierons en premier lieu les deux points de vue qui s'opposent, celui de Sépulvéda d'abord puis celui de Las Casas, pour analyser en troisième partie le rôle du Cardinal et la théâtralité du texte.

Texte :

Après quoi il affirme avec la même fermeté :

- Oui, Eminence, les habitants du Nouveau Monde sont des esclaves par nature. En tout point conformes à la description d'Aristote.

- Cette affirmation demande des preuves, dit doucement le prélat.

Sépulvéda n'en disconvient pas. D'ailleurs, sachant cette question inévitable, il a préparé tout un dossier. Il en saisit le premier feuillet.

- D'abord, dit-il, les premiers qui ont été découverts se sont montrés incapables de toute initiative, de toute invention. En revanche, on les voyait habiles à copier les gestes et les attitudes des Espagnols, leurs supérieurs. Pour faire quelque chose, il leur suffisait de regarder un autre l'accomplir. Cette tendance à copier, qui s'accompagne d'ailleurs d'une réelle ingéniosité dans l'imitation, est le caractère même de l'âme esclave. Ame d'artisan, âme manuelle pour ainsi dire.

- Mais on nous chante une vieille chanson! s'écrie Las Casas. De tout temps les envahisseurs, pour se justifier de leur mainmise, ont déclaré les peuples conquis indolents, dépourvus, mais très capables d'imiter ! César racontait la même chose des Gaulois qu'il asservissait ! Ils montraient, disait-il, une étonnante habileté pour copier les techniques romaines ! Nous ne pouvons pas retenir ici cet argument ! César s'aveuglait volontairement sur la vie véritable des peuples de la Gaule, sur leurs coutumes, leurs langages, leurs croyances et même leurs outils ! Il ne voulait pas, et par conséquent ne pouvait pas voir tout ce que cette vie offrait d'original. Et nous faisons de même : nous ne voyons que ce qu'ils imitent de nous ! Le reste, nous l'effaçons, nous le détruisons à jamais, pour dire ensuite : ça n'a pas existé !

Le cardinal, qui n'a pas interrompu le dominicain, semble attentif à cette argumentation nouvelle, qui s'intéresse aux coutumes des peuples. Il fait remarquer qu'il s'agit là d'un terrain de discussion des plus délicats, où nous, risquons d'être constamment ensorcelés par l'habitude, prise depuis l'enfance, que nous avons de nos propres usages, lesquels nous semblent de ce fait très supérieurs aux usages des autres.

- Sauf quand il s'agit d'esclaves-nés, dit le philosophe. Car on voit bien que les Indiens ont voulu presque aussitôt acquérir nos armes et nos vêtements.

Certains d'entre eux, oui sans doute, répond le cardinal. Encore qu'il soit malaisé de distinguer, dans leurs motifs, ce qui relève d'une admiration sincère ou de la simple flagornerie. Quelles autres marques d'esclavage naturel avez-vous relevées chez eux ?

Sépulvéda prend une liasse de feuillets et commence une lecture faite à voix plate, comme un compte rendu précis, indiscutable :

- Ils ignorent l'usage du métal, des armes à feu et de la roue. Ils portent leurs fardeaux sur le dos, comme des bêtes, pendant de longs parcours. Leur nourriture est détestable, semblable à celle des animaux. Ils se peignent grossièrement le corps et adorent des idoles affreuses. Je ne reviens pas sur les sacrifices humains, qui sont la marque la plus haïssable, et la plus offensante à Dieu, de leur état.

Las Casas ne parle pas pour le moment. Il se contente de prendre quelques notes. Tout cela ne le surprend pas.

- J'ajoute qu'on les décrit stupides comme nos enfants ou nos idiots. Ils changent très fréquemment de femmes, ce qui est un signe très vrai de sauvagerie. Ils ignorent de toute évidence la noblesse et l'élévation du beau sacrement du mariage. Ils sont timides et lâches à la guerre. Ils ignorent aussi la nature de l'argent et n'ont aucune idée de la valeur respective des choses. Par exemple, ils échangeaient contre de l'or le verre cassé des barils.

- Eh bien ? s'écrie Las Casas. Parce qu'ils n'adorent pas l'or et l'argent au point de leur sacrifier corps et âme, est-ce une raison pour les traiter de bêtes ? N'est-ce pas plutôt le contraire ?

- Vous déviez ma pensée, répond le philosophe.

- Et pourquoi jugez-vous leur nourriture détestable ? Y avez-vous goûté ? N'est-ce pas plutôt à eux de dire ce qui leur semble bon ou moins bon ? Parce qu'une nourriture est différente de la nôtre, doit-on la trouver répugnante ?

- Ils mangent des oeufs de fourmi, des tripes d'oiseau...

- Nous mangeons des tripes de porc! Et des escargots !

- Ils se sont jetés sur le vin, dit Sépulvéda, au point, dans bien des cas, d'y laisser leur peu de raison.

- Et nous avons tout fait pour les y encourager ! Mais ne vous a-t-on pas appris, d'un autre côté, qu'ils cultivent des fruits et des légumes qui jusqu'ici nous étaient inconnus ? Et que certains de leurs tubercules sont délicieux ? Vous dites qu'ijs portent leurs fardeaux sur le dos : Ignorez-vous que la nature ne leur a donné aucun animal qui pût le faire à leur place ? Quant à se peindre grossièrement le corps, qu'en savez-vous ? Que signifie le mot "grossier" ?

- Frère Bartolomé, dit le légat, vous aurez de nouveau la parole, aussi longtemps que vous voudrez. Rien ne sera laissé dans l'ombre, je vous l'assure. Mais pour le moment, restez silencieux.

Le dominicain, qui paraît fatigué, se rassied. Le cardinal s'adresse au philosophe :

- Selon vous, la possession et l'usage des armes à feu seraient une preuve de la protection divine ?

- Une preuve très évidente.

- Cependant, les Maures possèdent des armes à feu et s'en servent très bien contre nous.

- Ils les ont copiées sur les nôtres.

Le légat semble mettre en doute cette dernière affirmation. Il essaie de se souvenir. N'a-t-il pas lu quelque part que l'usage de la poudre à canon venait des pays de l'Orient ?

Dans l'assistance, personne ne peut répondre avec précision et certitude. On préfère penser, et c'est à vrai dire plus confortable, que l'arme à feu est une invention chrétienne, comme la plupart des autres.

Et si d'aventure, comme le suggère le comte Pittaluga, l'intervention divine ne s'est pas clairement montrée dans l'invention elle-même (qui s'étala sur des siècles, à ce qu'on raconte), à coup sûr elle se manifesta en privant les Indiens, jusqu'à leur conquête, de ce type d'armes. Ainsi la pauvreté de leur équipement militaire montre non seulement l'archaïsme de leur technique, mais que Dieu les priva de toute vraie défense.

Le légat, mettant à part cette question, revient à Sépulvéda :

- Autre chose : vous rapportez les sacrifices sanglants qu'ils faisaient à leurs dieux.

- Des dieux cruels, horribles, à l'image même de ce peuple.

- Oui, oui, il s'agit bien d'une horreur démoniaque. Nous sommes tous d'accord. Mais s'ils ne sont pas des êtres humains du même niveau que le nôtre, s'ils sont proches des animaux, peut-on leur reprocher ces sacrifices ? Vous voyez ce que je veux dire ?

Problématique :

En quoi ce texte est il argumentatif?

Extrait :

Nous allons étudier est un extrait de la controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière tiré de la fin du chapitre 7. Né en 1931, il est également l’auteur de Lézard, son premier roman. Ce texte est un dialogue argumentatif entre Sépulveda, un philosophe et Las Casas, un prêtre du nouveau monde où tous deux s’engagent dans un débat sur les indiens....

Plan de l'analyse

Introduction

Un dialogue argumentatif

1 - les différentes stratégies des orateurs

2 - les arguments échangés

- Sépulvéda

- Las Casas

Conclusion

Ouverture

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Joachim DU BELLAY (1522-1560)

Du Bellay, les Regrets, Heureux qui comme Ulysse

Du-Bellay
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Supplément au voyage de Bougainville 1772, "qui es tu donc, pour faire des esclaves...", les corrigés pour préparer et réviser son bac de français à l'écrit et à l'oral

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« Le train palpite au cœur des horizons plombés »

Le corrigé fait 3 pages word, police 14, il est intégralement rédigé et comprend, une introduction, un développement en deux parties avec plusieurs arguments, des transitions et une conclusion avec ouverture.

Lecture du texte :
Texte étudié :

En ce temps-là j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais
Déjà plus de mon enfance
J'étais à seize mille lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou, dans la ville des mille et trois
Clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille
et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
que mon coeur, tour à tour, brûlait
comme le temple d'Éphèse ou comme la Place Rouge
de Moscou quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j'étais déjà si mauvais poète
que je ne savais pas aller jusqu'au bout.

Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare
croustillé d'or, avec les grandes amandes
des cathédrales toutes blanches
et l'or mielleux des cloches...
Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode
J'avais soif et je déchiffrais des caractères cunéiformes
Puis, tout à coup, les pigeons du Saint Esprit
s'envolaient sur la place
et mes mains s'envolaient aussi, avec des bruissements d'albatros
et ceci, c'était les dernières réminiscences du dernier jour
du tout dernier voyage
Et de la mer.

Blaise Cendrars, La Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France

Extrait :

La prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France évoque le voyage en train qui conduisit Cendrars, alors âgé de 16 ans de Russie en Mandchourie. Dans cette poésie, il ....

Plan proposé :

I – La représentation de la réalité

1 – Un voyage initiatique

2 - liberté typographique et rythmique

3 - une vision fragmentée et elliptique de la réalité

transition

II - L'évocation du voyage ferroviaire

1 - le renouvellement de la perception

2 - le mouvement et la vitesse

conclusion

ouverture

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